Émail à cristallisations sur porcelaine

Notre porcelaine est recouverte d'un émail composé spécialement pour permettre à des cristaux de se former. La cristallisation donne à nos pièces un décor unique et magique.
Les effets obtenus, tout en restant aléatoires, sont magnifiques évoquant tantôt un tapis floral, tantôt un ciel étoilé, ou encore du givre sur une vitre.

La céramique cristallisée a une histoire

Elle commence à la manufacture de Sèvres à la fin du 19ème siècle, à l'occasion de recherches sur les émaux transparents cuisant à 1280° pour la porcelaine.
Par accident c'est un émail cristallisé qui est découvert.
Et c'est à l'occasion de l'exposition universelle en 1889 à Paris que les premières pièces sont présentées.

D'autres suivront avec l'époque de l'Art Nouveau.
Le Bauhaus accordera une place importante à la technique de cristallisation.
Puis elle sera abandonnée après la guerre car trop capricieuse et incertaine.
Il faut attendre les années 1980 pour que se concrétise par des expositions, le regain d’intérêt pour les émaux cristallisés dans le milieu de la céramique.

La technique des émaux cristallisés

La formation des cristaux est un processus naturel qui se fait lors du passage d'un corps de l'état liquide à l'état solide.
Ainsi l'eau qui devient neige, givre, ou la lave hématite, malachite, etc...
Il s'agit de reproduire les conditions favorables en jouant sur deux domaines distinctes :
Le choix des matières premières et la cuisson.


Le choix de la terre, les contraintes, la composition de l'émail.

  • On peut utiliser du grès ou de la porcelaine.                   Nous avons choisi la porcelaine car les cristaux obtenus sont plus grands et lumineux.
  • Il faut que l'émail soit fluide quand il est en fusion.            On choisira une formule faible en alumine.                       Mais l'émail va couler sur les pièces verticales nous obligeant à rajouter une coupelle au pied de chacune pour recueillir l'émail et ne pas endommager le four.              Elles seront, après cuisson, sciées à la lame diamantée.
  • Il faut ajouter à la composition de l'émail de l'oxyde de zinc car celui ci a la capacité de se combiner avec la silice en une structure cristalline.

La courbe de cuisson, un véritable travail d'équilibriste

  • La cuisson à 1280°C permet de transformer la porcelaine et de faire fondre l'émail. Ses composants cristallins vont se dissoudre en quasi-totalité et c'est à partir des résidus qui subsistent (appelés germes) que va s'amorcer la cristallisation.                        La difficulté est d'arriver au bon équilibre entre le trop et le pas assez de germes.

 Et lorsqu'une cuisson est réussie c'est à chaque fois un émerveillement

  • Ensuite il faut redescendre à 1100°C environ et maintenir l'émail en fusion (sous forme liquide) pour que les éléments aient une mobilité suffisante et construisent un réseau cristallin pendant plusieurs heures.
  • C'est un processus lent, plus il sera long, plus les cristaux grandiront. Ils passeront de l'état d'aiguille, d'éventail, à des cercles parfaits. A la fin de la cuisson nous verrons tous les stades de formation, créant un décors aléatoire unique.
  • Certains oxydes métalliques qui colorent l'émail sont attirés dans le cristal et d'autres non. Il y a alors un contraste entre le verre et les cristaux qui donnent de la profondeur à l'émail. C'est une source de surprises et d'enchantement: le décor paraît vivant.

Après de nombreux essais nous avons choisi ces gammes de couleurs que nous avons le plus de plaisir à obtenir mais la palette est infinie.